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Licence - Master - Doctorat

Le schéma de la réforme

 

La description

Lancé en 1999, un large dispositif d'harmonisation européenne des études supérieures a conduit à l'élaboration d'un nouveau schéma articulé en trois étapes : Licence (bac +3), Master (bac+5) et Doctorat (bac+8), d'où son nom LMD, ou encore 3-5-8. En France, toutes les universités et la plupart des écoles réforment progressivement leurs cursus en vue de cette nouvelle mise aux normes. Cette architecture se conjugue à un système européen de capitalisation des crédits, le système ECTS (European Credit Transfer System) qui, appliqué à tous les diplômes nationaux, doit permettre de faire reconnaître son parcours partout en Europe, quel que soit son stade, afin de favoriser la mobilité étudiante.

 

Les ECTS

Ainsi, la Licence est validée par obtention de 180 crédits ECTS (6 semestres de 30 points) et le Master par 120 crédits ECTS (4 semestres de 30 points) après la Licence, soit 300 crédits et 10 semestres au total pour un bac+5. Détail important : le Master se prépare en deux ans, soit le Master 1 et le Master 2. Ce dernier se substitue progressivement au DESS (dorénavant Master pro) et au DEA (Master recherche).

 

Les cycles

Cette réforme a également pour objet de mettre en valeur de nouveaux paliers. Le baccalauréat conserve sa qualité de premier grade universitaire, suivi par la Licence, le Master et le Doctorat. DEUG et Maîtrise ne sont que des titres - et des diplômes - en principe intermédiaires mais ne sont pas voués à disparaître, au moins à court terme. A noter une subtilité un peu déroutante : on distingue le grade de Master, qui sanctionne un niveau d'étude, du diplôme de Master proprement dit, qui sanctionne une formation. Ainsi le diplôme d'ingénieur jouit du grade de Master, mais il n'est pas un Master.

Les Ecoles d'ingénieurs se situent quelque peu en marge de ce grand chantier. Si la loi leur confère automatiquement le fameux grade de Master, l'organisation des études, dans les écoles, ne fait l'objet d'aucune réforme en vue de les articuler dans la perspective LMD. Une attitude compréhensible dans la mesure où le diplôme d'ingénieur, assis sur une réputation justifiée, n'a, a priori, pas besoin d'être modifié, cadre européen ou pas. On imagine mal en effet le sens qu'aurait une Licence propre à l'école dans un parcours qui ne prend toute sa valeur qu'au bout de 5 ans...

L'enjeu du Master est d'importance : en obtenant le sésame du grade, les écoles pourront à l'avenir proposer leurs propres Masters, alors que jusqu'à présent les "ancêtres" du Master, DEA et DESS, ne pouvaient y être proposés qu'en collaboration avec des Universités, qui assuraient seule la tutelle administrative de ces troisièmes cycles.

Les Masters

Vous l'aurez compris, ce vaste chantier sonne le glas des DESS et DEA.

Le Masterpro (ex DESS)

La réforme LMD et l'inflation des spécialités ont fait exploser les statistiques. Plus de 2 400 DESS / Masters pro sont ouverts en 2004, accueillant près de 55 000 étudiants. Une partie importante est proposée en Droit/Sciences économiques et Gestion (près de 1 000), plus de 700 en Sciences, 600 en Lettres et Sciences humaines, 60 en Santé et 30 en STAPS (Sciences des activités physiques et sportives).

Leur succès s'explique par un contenu professionnalisant et généralement ciblé sur des fonctions précises qui privilégie l'insertion dès la sortie de la formation. 50% des enseignants sont généralement des professionnels, 30% seulement des enseignements sont de nature théorique, et l'année d'étude comprend un stage en entreprise de 3 à 6 mois.

A l'avenir, les étudiants les plus décidés sur leur avenir dès la Licence s'orienteront dès le Master 1 vers l'université dont le M2 correspond à leur projet professionnel. L'examen du dossier et d'une lettre de motivation est la première étape, assortie éventuellement d'un entretien.

Une fois diplômé, vous n'aurez en principe pas de souci à vous faire : les statistiques d'insertion sont très favorables aux titulaires d'un Master professionnel ; 80 % des diplômés trouvent généralement à se placer dans les 3 mois, la plupart du temps sur des postes à statut cadre et à fort potentiel de progression. Les chiffres sont encore plus flatteurs pour les plus pointus selon la conjoncture de chaque secteur d'activités.

Le Master recherche (ex DEA)

Antichambre du doctorat, le Master recherche/DEA,  est destiné aux étudiants tentés davantage par la bibliothèque ou le microscope que par l'entreprise et le costume trois pièces. Le contenu de la formation est en effet éloquent : enseignements théoriques, séminaires d'initiation à la recherche, rédaction d'un mémoire de recherche...

En principe donc, la formation prépare au Doctorat, mais en réalité, faute de perspectives beaucoup d'étudiants (plus de la majorité des inscrits selon les filières) se présentent sur le marché du travail après ces années d'étude. Malgré un temps d'attente sensiblement plus long que pour les diplômés de Master professionnel, ils trouvent généralement à se placer, soit en entreprise, dans les départements de R & D (Recherche et Développement), soit dans les administrations, qui recrutent par voie de concours des ingénieurs d'études et de recherche.

Ceux qui poursuivent en vue du Doctorat doivent savoir que leur avenir dans la fonction publique (enseignement supérieur, recherche dans les organismes CNRS, CEA...) n'est pas garanti et que beaucoup de docteurs doivent malgré eux se tourner vers le privé à l'issue de leur diplôme. Ici, attention à la sur qualification car il n'est pas toujours évident de se placer avec un bac+8... Pour aider les futurs docteurs à mieux appréhender le monde de l'entreprise, universités et écoles organisent depuis quelques années, avec le soutien du Ministère de l'Éducation Nationale et de la Recherche (les doctoriales) séminaires régionaux de sensibilisation et d'information sur les perspectives d'insertion professionnelle dans le secteur privé.

Comme pour la voie pro, la sélection impose la préparation d'un dossier solide et l'admission requiert souvent quelques mentions à l'issue des examens du M1. En école d'ingénieurs, il est souvent possible de préparer un Master recherche parallèlement à sa dernière année de cycle ingénieur. La tâche est lourde mais néanmoins possible et permet d'économiser une année avant de se lancer éventuellement dans des travaux de doctorat.

 

Les Mastères spécialisés

Créé en 1986 par la conférence des grandes écoles (CGE), le Mastère Spécialisé n'est pas un diplôme à proprement parler, mais une formation labellisée d'une durée d'au moins deux semestres validant 75 crédits ECTS. Objectif : acquérir une spécialisation ou une double compétence. Elle inclut des enseignements théoriques et des travaux dirigés et de groupe (350 h minimum), un travail personnel de recherche en entreprise (mission de 4 mois minimum) ainsi que la soutenance d'une thèse professionnelle. Les MS sont ouverts aux diplômés bac +5 des écoles d'ingénieurs et de commerce. Les étudiants étrangers et les jeunes cadres sont de plus en plus nombreux à choisir ce type de programme, dont le succès ne se dément pas. Leur développement est soutenu depuis leur création tant et si bien qu'en 2004-2005, 107 écoles de la CGE proposent 358 MS, dont 28 nouveaux accrédités en 2004.

Les MS sélectionnent les candidats à l'issue d'oraux qui s'assimilent parfois à de véritables entretiens d'embauche et la sélection est relativement sévère (1 admis pour 3 candidats). Les élèves des MS prestigieux sont recrutés avant la fin de leur cursus. En règle générale, le temps de recherche moyen du premier emploi est de 2 mois.

 

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